Ce qui change en 2026 : la fin de la "niche Airbnb"
La loi Le Meur du 19 novembre 2024 est entrée en vigueur et ses effets se font sentir dès la déclaration des revenus 2025 (printemps 2026). Le constat est brutal pour les propriétaires de meublés de tourisme non classés.
Meublés non classés : le choc fiscal
- Abattement micro-BIC : passe de 50 % à 30 %.
- Plafond de recettes : chute de 77 700 € à 15 000 €.
- Au-delà de 15 000 €, passage obligatoire au régime réel.
Exemple concret : un propriétaire qui gagnait 30 000 €/an en meublé non classé était imposé sur 15 000 € (50 % d'abattement). En 2026, il passe au régime réel obligatoire et doit tenir une comptabilité complète.
Meublés classés : un traitement (un peu) plus doux
- Abattement micro-BIC : passe de 71 % à 50 %.
- Plafond de recettes : réduit de 188 700 € à 77 700 €.
Le classement Atout France (étoiles) devient donc un bouclier fiscal essentiel : 50 % d'abattement au lieu de 30 %, et un plafond 5 fois plus élevé.
Chambres d'hôtes
Même traitement que les meublés classés : abattement de 50 % et plafond à 77 700 €. Les chambres d'hôtes s'en sortent relativement bien.
Le DPE : la deuxième épée de Damoclès — mais bonne nouvelle en 2026
La loi impose désormais un Diagnostic de Performance Énergétique pour tous les meublés touristiques en zone tendue, et l'enregistrement national à venir (loi Le Meur) en fait un prérequis.
La réforme du 1er janvier 2026 : 700 000 logements remontent une classe
Coup de théâtre administratif : depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, le coefficient de conversion de l'électricité utilisé dans le calcul du DPE passe de 2,3 à 1,9. Conséquence directe : entre 700 000 et 850 000 logements chauffés à l'électricité gagnent une classe énergétique sans aucun travaux.
Concrètement : un logement classé G peut basculer F, un F peut basculer E, etc.
Mise à jour gratuite via l'ADEME (sans diagnostiqueur !)
Vous avez un DPE postérieur à juillet 2021 ? Vous pouvez obtenir une attestation rectificative gratuite directement sur le simulateur officiel de l'ADEME (observatoire-dpe-audit.ademe.fr), sans nouvelle visite ni nouveau diagnostiqueur. Cette attestation a la même valeur juridique que votre DPE initial. Quasiment personne ne le sait — et ça peut littéralement vous sauver une mise en location.
Calendrier des interdictions de location à l'année (résidence principale du locataire)
Pour la location nue ou meublée à l'année, l'interdiction progressive de louer les passoires thermiques se décompose ainsi :
- 1ᵉʳ janvier 2025 : interdiction des logements classés G (nouveaux baux et renouvellements).
- 1ᵉʳ janvier 2028 : extension aux logements F.
- 1ᵉʳ janvier 2034 : extension aux logements E.
Avec le nouveau coefficient 2026, beaucoup de logements G basculent F et restent louables jusqu'en 2028, et ceux qui étaient F basculent E et tiennent jusqu'en 2034. Ne ratez pas cette fenêtre.
Gel des loyers F et G
Pour les classes F et G, le gel des loyers reste en vigueur : interdiction d'augmenter le loyer au renouvellement, à la relocation, ou même à la révision annuelle. Là encore, si votre logement remonte d'une classe après rectification ADEME, vous récupérez le droit d'indexer.
Côté meublés de tourisme
En zones tendues, un DPE de classe E minimum est exigé pour toute nouvelle mise en location courte durée. À horizon 2034, c'est l'ensemble du parc qui devra atteindre cette classe. Si votre meublé vacance est classé F ou G, posez-vous la question des travaux d'isolation maintenant — les aides MaPrimeRénov' sont à leur niveau le plus généreux.
DPE collectif : copropriétés < 50 lots
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, le DPE collectif devient obligatoire pour toutes les copropriétés de moins de 50 lots, ce qui complète le calendrier déjà en place pour les copropriétés plus importantes. Si votre hébergement est en copropriété, c'est au syndic de le commander — relancez-le.
Le régime réel : pas forcément une mauvaise nouvelle
Le basculement forcé au régime réel peut être avantageux si vous avez des charges importantes :
- Déduction des charges réelles : travaux, taxe foncière, assurances, intérêts d'emprunt.
- Amortissement du bâti, du mobilier et des travaux (dès 600 €).
- Création de déficits reportables sur les bénéfices futurs.
En revanche, cela implique de tenir une comptabilité rigoureuse et de conserver tous vos justificatifs. Faites-vous accompagner par un comptable spécialisé.
Faire classer son hébergement : la stratégie de survie
Le classement Atout France (1 à 5 étoiles) n'a jamais été aussi stratégique :
- 50 % d'abattement au lieu de 30 % (économie d'impôt majeure).
- Plafond micro-BIC à 77 700 € au lieu de 15 000 €.
- Gage de qualité qui rassure les voyageurs.
- Meilleur référencement sur les plateformes et moteurs de recherche.
La démarche coûte environ 150 à 250 € auprès d'un organisme accrédité et le classement est valable 5 ans. C'est un investissement minuscule par rapport aux économies fiscales.
Couper les commissions : l'autre levier pour compenser
Entre les travaux de rénovation, la mise aux normes DPE et la hausse d'impôts, vos marges sont sous pression. Il existe un levier immédiat pour récupérer 15 à 20 % de revenus : passer à la réservation directe.
Les commissions moyennes des grandes plateformes atteignent 17,2 % en 2026 (Airbnb : 15,5 %, Booking : 16,5 %). Sur 30 000 € de revenus annuels, c'est plus de 5 000 € qui partent en commissions.
Sources officielles utiles
- Loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 (loi Le Meur)
- ADEME — Rectification DPE gratuite (coefficient électricité 2026)
- Service-Public — Interdiction de location des passoires thermiques
Vous avez des frais de mise aux normes ?
Ne perdez plus 15 à 20 % de votre chiffre d'affaires en commissions. Passez à la réservation en direct avec Séjour Direct — 0 % de commission, 100 % de vos revenus vous reviennent.
Article mis à jour le 26 mars 2026.
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